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Omid Attardimaj — Pourquoi j’écris aujourd’hui sur la paix

Pourquoi j’écris aujourd’hui sur la paix

il y a 13 heures
2 min de lecture

Première partie — Omid Attardimaj


Près de vingt années de ma vie en Iran ont été liées aux études de droit, au travail au sein d’un tribunal, à la profession d’avocat, à la médiation et à l’arbitrage ; pendant douze de ces années, j’ai exercé comme avocat. Le traitement de dossiers très divers m’a fait découvrir la vie et les préoccupations de nombreuses personnes : des familles prises dans des différends, des acteurs du monde économique et des personnes exerçant des responsabilités sociales et publiques. Chaque dossier ouvrait une fenêtre sur une partie de la société que je n’aurais peut-être jamais eu l’occasion de connaître d’aussi près en dehors de cette profession.


Parmi ces expériences, certains différends ont occupé mes pensées et mon travail pendant des années. Pour les comprendre, je devais prêter attention aux relations entre les personnes, à leurs préoccupations, à leurs intérêts et à leur situation sociale. Ces rencontres ont fait naître en moi des questions sur la justice, le pouvoir et la confiance : des questions qui m’amènent aujourd’hui à étudier la paix et à écrire à son sujet.


Dans un différend particulièrement complexe, j’ai dû, à maintes reprises, regarder au-delà du dossier. De nombreuses parties étaient impliquées et, à mesure que j’avançais, de nouvelles questions surgissaient : qu’est-ce qui avait conduit ces personnes à cette situation ? De quoi avaient-elles peur ? Pourquoi le différend prenait-il sans cesse une nouvelle forme au lieu de se résoudre ?


Les connaissances juridiques étaient indispensables à mon travail, mais elles ne pouvaient, à elles seules, répondre à toutes ces questions. J’ai essayé d’examiner la situation sous des angles sociaux et psychologiques également, et de mieux comprendre le rôle du pouvoir et des relations entre les personnes concernées.


Durant ces années, j’ai vu comment la peur peut conduire à dissimuler la vérité ; comment un pouvoir qui n’a pas à rendre de comptes crée des occasions d’abus ; et combien la confiance peut être vulnérable lorsqu’elle ne s’accompagne pas de compréhension et de responsabilité. Peu à peu, j’ai davantage réfléchi au sens de la justice dans la vie des gens. Pour une personne qui s’inquiète de pouvoir satisfaire ses besoins essentiels, cette question revêt une urgence différente.


Mon intérêt pour la paix trouve ses racines dans ces expériences et ces questions. Au cours de ma vie au Moyen-Orient, j’avais souvent ressenti l’absence de tranquillité et de sécurité. Plus tard, un nouveau départ au Luxembourg m’a permis de reconnaître l’effet d’un environnement plus sûr sur ma propre vie : pouvoir étudier, apprendre et faire des projets d’avenir, tout en portant encore les blessures du passé.


Aujourd’hui, parallèlement à mon activité de médiateur et aux entretiens que je mène sur la paix, c’est de là que je souhaite commencer à écrire : à partir des expériences et des questions qui m’ont empêché de considérer les désaccords humains uniquement dans les limites d’un dossier juridique.


Dans cette série, je partagerai avec vous, chaque semaine, une partie de ce cheminement. La question qui m’accompagne pour le moment est la suivante : avant qu’un désaccord ne cause du tort, que devons-nous remarquer et prendre au sérieux ?


 
 
 

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